08/07/2008

Carine Russo sur la situation des sans papiers:

Par Freddy Dewille le mercredi, 25 juin 2008 PDF Print Email
"J'ai été prise de nausée en voyant les cellules d'isolement." 
Cela fait un an maintenant que Carine Russo a été élue sénatrice sur la liste Ecolo. Son comité de soutien comptait aussi quelques militants actifs de la LCR, qui ont dès le début clairement déclaré qu'ils ne soutenaient en aucun cas la liste Ecolo. Après un an, dans une interview pour La Gauche, Carinne Russo fait le point.

Interview: Freddy Dewille

 
Quel est le bilan que tu tires de cette première année de législature?

Carine Russo: La situation a été très floue pour moi de juin à Noël puisque les partis du sud et du nord du pays ne parvenaient pas à s'entendre pour former un gouvernement. Même la rentrée parlementaire à la mi-octobre ne ressemblait à rien: pas de ministres, pas de déclaration gouvernementale, rien. Tout le monde se considérait à la fois comme parti potentiellement au pouvoir et dans l’opposition. Donc, chacun changeait de camp comme il en avait envie. Verhofstadt, le premier ministre sortant, s’asseyait sur les bancs du parlement, comme s’il faisait partie de l’opposition. Leterme idem. Dans les faits, c'était pourtant la politique du gouvernement sortant qui perdurait. Et de manière totalitaire puisque sans ministres nommés, il n'était plus possible d'interpeller qui que ce soit et donc de contrôler une quelconque action gouvernementale. Il m'a semblé, en fait être réduite à peu près à néant pendant toute cette partie de l'année. J'étais censée apprendre le travail mais il n'y avait pas de travail !  

 

Tu t’es mobilisée sur la situation des sans papiers?

Dans un premier temps, pendant la campagne électorale, j’avais déclaré de manière très spontanée que ce qui m’intéressait, les sujets sur lesquels j’avais le plus envie de m’investir, c’est tout ce qui concernait l’enfance, la jeunesse. C'est à peu près au moment où je prêtais serment, en juillet, que la presse a commencé à se déchaîner autour de l'affaire de la petite équatorienne Angelica. Je me suis rendue le jour même à Steenokkerzeel. Nous avons rencontré la maman d’Angelica et Angelica elle-même à l'intérieur du centre fermé. Je me suis retrouvée confrontée de plein fouet à la réalité de la vie dans ces centres, la réalité des enfants enfermés, la réalité de ce qu'il faut bien appeler l'incarcération de gens qui n'ont pourtant commis aucun délit, des familles et des enfants, comme Angelica. J'ai été prise de nausée en voyant les cellules d'isolement. Je me souviens avoir pensé que je ne pourrais pas tenir là-dedans deux heures d'affilée. Un WC en inox fixé au sol dans un minuscule espace totalement vide, derrière une lourde porte de sécurité. La porte m'a d'ailleurs fait penser à celle fabriquée par Dutroux dans la cache de Marcinelle. Le vide total, la coupure totale du monde extérieur, de toute perception sensorielle! Après être passé par là, il faut vraiment avoir de solides raisons de ne pas vouloir retourner dans son pays. Moi, j'y vois la preuve que rentrer chez eux ou rester est pour eux une question de vie ou de mort. On renvoie des Afghans dans leur pays en guerre, des Albanais dans leur pays détruit, des Africains à leur misère et leur famine, à leurs dictatures, à leurs guerres civiles, à leur continent ruiné suite aux pillages de leurs ressources. C'est pourtant bien les Etats européens qui sont responsables du désastre africain. Ce sont bien nos Etats européens qui ont soutenu leurs dictateurs et leurs guerres civiles. Et on en a tous bénéficié des ressources de l'Afrique, que je sache! Je suis sortie de ce centre fermé avec déjà l'envie de démissionner!  C'est alors qu'a commencé mon travail parlementaire. Nous avons commencé à élaborer une nouvelle proposition de loi contre l’enfermement des enfants. Ce projet de loi devrait être à l'agenda de la commission de l' Intérieur du Sénat, mais il est régulièrement repoussé. Depuis, ça m’a amenée, en me préoccupant de l’enfermement des enfants, à aller visiter beaucoup de centres fermés, à rencontrer les gens qui y sont enfermés, entendre leurs témoignages de vie, les injustices criantes dont ils sont souvent l'objet. J'ai commencé à participer aux réunions des comités de soutien, aux manifestations, à visiter les grévistes de la faim et petit à petit à apprendre sur le tas les ficelles de cette matière très complexe qu'est devenue le droit des étrangers et des demandeurs d'asile.  

 

"Je n’ai jamais perdu de vue mon premier objectif, lutter contre l’enfermement des enfants." 

Lorsque le gouvernement a enfin été formé, après le 23 mars 2008, j'ai enfin pu interpeller la nouvelle Ministre de l'Asile et des Migrations sur l'enfermement des enfants en particulier et je me suis retrouvée confrontée à des réponses édifiantes. Pour Madame Turtelboom, l'enfermement des enfants n'était pas en contradiction avec la Convention internationale des Droits de l'Enfant, par exemple. Depuis, les associations de défense des droits de l'homme, et des enfants, les comités de soutien, des ligues d'avocats, des professeurs d'université et même les syndicats ne cessent d'alerter l'opinion, notamment sur cette problématique absolument énorme qui tourne à la tragédie. Ils sont de plus en plus nombreux à se rendre compte que la problématique des flux migratoires est devenue prioritaire aux niveaux non seulement belge mais européen.  Je n’ai jamais perdu de vue mon premier objectif, lutter contre l’enfermement des enfants. Je trouve qu'il s'agit là d'une des problématiques les plus criantes d'injustice actuellement dans notre pays. Mettre des enfants en prison, c’est un échec flagrant de notre société ! Quand j’ai rencontré Angelica la 1ère fois, à mes yeux, elle n'était pas seulement la petite Angelica, la petite immigrée Equatorienne enfermée dans un Centre fermé pour étrangers et dont la presse parlait. Quelque part, c’était une petite fille qui pleurait parce qu’elle était enfermée dans des conditions pas possibles. C’était aussi ma fille. Forcément, on fait toujours un peu une projection sur ce genre de choses...  Et puis ce n’est pas seulement l’enfermement des enfants étrangers qui me heurte. Il se passe aussi de plus en plus de problèmes par rapport à l’enfermement de jeunes délinquants. Mais il faudrait peut-être creuser un peu plus les causes de la délinquance des jeunes avant de donner systématiquement comme réponse l’enfermement. On est en train de préconiser de plus en plus l’enfermement pour les jeunes, de plus en plus jeunes... c’est tout ce qu’on a comme solution. Un jour on va finir par devoir enfermer des enfants de six ans! Mais qu'on enferme tous les enfants alors si on veut aller au bout de cette logique. Ils sont tous potentiellement dangereux. Qui sait lequel d'entre nous ne sera pas tenté un jour par le terrorisme par exemple? Par mesure de précaution et sous prétexte de sécurité, enfermons les tous, non? Ainsi, le citoyen européen nanti pourra dormir tranquillement sur ses deux oreilles bien au chaud dans sa forteresse... C'est de l'humour noir, hein...!  

 

Comment juges-tu la politique libérale du gouvernement?

Elle a un problème, la politique libérale. Elle est en train de montrer de plus en plus ses limites. Elle est mortifère. Elle conduit au suicide. Au suicide de l'avenir, mais aussi aux suicides de personnes. On est déjà parmi les Etats où les taux de suicides sont les plus élevés et de plus en plus chez les jeunes. Il faut quand même essayer de comprendre aussi pourquoi on en est arrivé là! Le sourire des gens a disparu! Le capitalisme, il m'apparaît que le capitalisme d'hier n'est pas celui d'aujourd'hui, il n'en finit pas de changer de forme, et il n'a certainement pas fini de se modifier. Si l'on me dit que le capitalisme c'est d'abord et avant tout "toujours plus de profits pour les riches", je te réponds que Besancenot a bien raison de rétorquer "Nos vies valent plus que leurs profits".  Le système des intérêts notionnels imaginé par Reynders, est un choix libéral. C'est un choix dangereux, puisqu'il vide encore un peu plus les caisses de l'Etat au nom de sa foi dans la croissance économique. C'est une croyance qu'il possède, comme ça, comme un fervent croyant croit en une religion. Aveugle, quoi. En dépit de tous les dégâts que le libéralisme économique ne cesse de faire, il continue de croire que "demain, tout va s'arranger, demain, il fera beau, demain notre Sainte Mère Croissance redistribuera les richesses etc." On connaît le refrain. Mais constater que sa croyance ne modifie pas la réalité dans le sens promis, il en est incapable.

Voir ci-dessus


04/02/2008

Anderlues, points supplémentaires déposé par le groupe GAUCHE

A l'attention du Collège Communal

En vertu de l'article L1122-24 du code de la démocratie locale et de la décentralisation, le groupe Gauche présente les points supplémentaires suivants à l'ordre du jour de la séance du Conseil qui aura lieu le mercredi 14 novembre 2007 à 20 heures, à la Maison communale.

I.) : a) Quid  de la réouverture de la piscine communale?

     : b) Quid du dossier recour en justice contre l'auteur du projet?

II.)    Le projet de commande groupée de mazout de chauffage organisé par la commune de Jurbise, réservé aux particuliers de l'entité, est un succès. Le Collège envisage t'il de proposer une telle  démarche pour Anderlues?

 Freddy Dewille

Conseiller Communal du groupe "GAUCHE"

Le projet de commande groupée de mazout de chauffage organisé par la commune de Jurbise, réservé aux particuliers de l'entité, a déjà récolté pour plus de cent mille litres de demandes, + ou - le 06 novembre 07. Les habitants intéressés ont jusqu'à vendredi pour passer commande, par téléphone ou par écrit, auprès de la commune ou du CPAS. La quantité minimale est de 500 litres, mais la plus grosse commande à ce jour serait de 3.000 litres.

03/02/2008

Soutien une proposition de loi pour le Relèvement du RIS et la fin du statut cohabitant

Subject: Soutien une proposition de loi pour le Relèvement du RIS et la fin du statut cohabitant !

Cher Monsieur Di Rupo
(ou Cher(e) Collaborateur(trice) de Monsieur Di Rupo),
La défense de cette proposition de loi n'est évidemment pas contradictoire avec la nécessité de mener d'autres combats sociaux.
Je prends note de la volonté du PS de mettre en oeuvre des politiques visant à améliorer la situation des plus faibles.
Mais sans vouloir polémiquer, je suis cependant obligé de constater que le PS a souvent été associé au(x) différent(s) exécutif(s) au cours des 20 dernières années, sans que ces multiples participations gouvernementales n'aient empêché le déploiement de politiques d'inspiration (néo-)libérale !
Faut-il vous rappeler que, durant cette période,  les allocations sociales ont décroché par rapport à l'évolution des salaires ?
Faut-il également vous rappeler que, dans le même temps,  la part des salaires dans le PIB a reculé de 10 % au profit des revenus du capital ?
Et personne dans le mouvement syndical n'a oublié les agressions multiples contre le monde du travail au cours de toutes ces années : du "plan global" au plus récent "pacte des générations", que nous  (les syndicalistes) avons combattu âprement !
Il serait d'ailleurs fastidieux d'aligner ici toutes les mesures d'austérité et de régression sociale décrétées au cours des deux dernières décennies.
Citons quand même l'offensive de libéralisation et de privatisation (parfois rebaptisée pour la circonstance "consolidation stratégique") contre les services publics, la manipulation de l'indexation des salaires ("index santé"), l'instauration d'un carcan salarial imposé aux seuls travailleurs (la "norme salariale"), l'affaiblissement du financement de la sécurité sociale par des réductions à répétition de cotisations sociales payées par le patronat, ou encore la chasse aux chômeurs sous couvert de leur "activation".
Malgré ce bilan peu glorieux, je ne suis pas certain, hélas,  que vous êtes réellement décidé à vous dégager de l'emprise de l'idéologie libérale.
En témoigne, dans votre réponse, la reprise de cette vieille lune concernant les "pièges à l'emploi". Alors que le seul véritable" piège à l'emploi" est le capitalisme lui-même, un système qui privilégie la recherche du profit maximal pour une minorité au détriment de la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre.
Mais soit.
Aujourd'hui vous nous annoncez donc  que le PS veut "avancer avec des propositions intelligentes".
Je n'ai rien contre des effets d'annonce aussi prometteurs pour autant... qu'ils soient suivis d'actes concrets.
Et je ne suis pas persuadé que c'est en continuant à gouverner avec la droite libérale que vous pourrez impulser l'indispensable changement de cap.
Comme toujours, c'est la pratique qui tranchera, et je vous donne d'ores et déjà rendez-vous dans trois mois pour tirer un premier bilan de votre "action".
Bien à vous,
Alain Van Praet
PS : je me permets de vous suggérer quelques mesures "de gauche" (comme contribution à la discussion)
- liaison intégrale de toutes les allocations sociales au bien-être
- suppression de la norme salariale ; relèvement substantiel du salaire minimum garanti
- rétablissement d'un système d'indexation authentique (avec réintégration des produits qui ont été retirés du "panier")
- redéfinition d'une politique fiscale plus juste ;  réduction  -voire suppression-  des impôts non progressifs (les plus injustes socialement, comme la TVA) ; instauration d'un impôt sur le patrimoine ; lutte effective contre la fraude fiscale ; levée du secret bancaire et cadastre des fortunes
- une politique d'emploi audacieuse, articulée autour de la réduction du temps de travail (financée par les immenses gains de productivité) garantissant une répartition du travail entre tous
- renforcement de la Sécurité sociale, en lieu et place d'une consolidation des " deuxièmes" ou "troisièmes" piliers (pensions !), chevaux de troie de son démantèlement
- relance du secteur public et rejet de toute privatisation des entreprise publiques, telles La Poste, la SNCB ou Belgacom
- pas de second "pacte des générations"
- pas de réforme de l'Etat néfaste pour les travailleurs
- respect de la concertation syndicale et des libertés syndicales, à commencer par le droit de grève (pas de service minimum !)
Il s'agit surtout, pour la circonstance,  de propositions de type "socio-économiques".  Il y aurait également beaucoup à ajouter en matière de lutte contre le réchauffement climatique, de combat pour une autre Europe ou de défense des libertés et droits humains (régularisation de tous les "sans-papier" !).

Cher Monsieur Van Praet, Merci de votre message, que je considère évidemment comme un soutien aux combats menés par le PS afin de garantir à chacun, quelle que soit sa situation légale, la dignité humaine. La proposition que vous évoquez va être débattue au Parlement et nous tâcherons de faire valoir trois arguments essentiels: 1. Ne pas oublier les autres bénéficiaires d’allocations sociales. La présente proposition, en effet, ne porte que sur les bénéficiaires du RIS et oublie toute une série de catégories dont la situation sociale est également très difficile. Au Gouvernement, le PS a toujours travaillé en veillant à ne pas créer de discriminations entre les bénéficiaires de l’aide sociale : quel que soit le statut (RIS, GRAPA, etc.), ce sont toutes les personnes démunies qui méritent notre attention.  2. Attention à ne pas créer de pièges à l’emploi ! Si on relève les allocations sociales, il faut également veiller à maintenir une tension suffisante avec les petits revenus, pour faire en sorte que le travail soit toujours plus attractif. Il faut donc avoir une réflexion globale sur l’augmentation des petits et moyens revenus, comme le propose le PS. 3. Par ailleurs, la proposition visant à supprimer la différence entre « isolé » et « cohabitant » doit être prise avec précaution : il ne faudrait pas, à terme, en arriver à des situations profondément injustes où deux personnes cohabitantes gagneraient plus qu’une personne avec famille à charge. La sécurité d’existence est un enjeu tout à fait fondamental, en particulier dans un environnement idéologique où seuls les « gagnants » ont droit à l’estime et où la solidarité ne va pas de soi. Il faut donc avancer avec des propositions intelligentes, mûrement réfléchies, qui ne produisent pas d’effets pervers et ne se retournent pas, in fine, contre notre système de protection sociale, l’un des plus performants au monde. Pour le PS, les avancées sociales doivent bénéficier à l’ensemble des personnes à bas et moyens revenus. Elles doivent aussi être financées ! Nous proposons donc des contributions alternatives, notamment du capital et des profits boursiers. Ce combat est essentiel et nous le menons avec force, malgré la farouche résistance de la droite libérale. Nous poursuivons la lutte, plus que jamais ! En vous remerciant de votre confiance,
Elio Di Rupo
Boulevard de l'Empereur 13
1000 Bruxelles
Tél : 02/ 548.32.11
Fax: 02/ 548.33.90
Abonnez-vous à notre lettre d'information :
www.ps.be/webdomadaire 

De : alain van praet [mailto:fb471271@skynet.be]
Envoyé : mardi 29 janvier 2008 17:04
À : Elio Di Rupo; joelle@lecdh.be; jean-michel.javaux@ecolo.be; didier.reynders@mr.be
Objet : Soutien une proposition de loi pour le Relèvement du RIS et la fin du statut cohabitant !
 
Madame,
Messieurs,
Les présidents,
 
Je vous informe que je soutiens le proposition de loi dont il est question ci-dessous.
Je vous remercie pour votre attention.
 
Alain Van Praet
Délégué syndical CSC
63, rue de la Chaussée
7040 Goegnies-Chaussée
0476 471 179
_______________________
 
 
Bonjour, En septembre 2006, le Collectif Solidarité Contre l’Exclusion (CSCE) a rédigé un mémorandum intitulé « Pour des CPAS qui garantissent le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine ». Suite à ce mémorandum, deux de nos revendications principales sont :-          le relèvement du RIS (Revenu d’Intégration Sociale, attribué par les CPAS) au-dessus du seuil de pauvreté. Aujourd’hui un isolé touche 684 euros par mois, alors que le seuil de pauvreté est fixé à 822 euros !-          la suppression de la catégorie « cohabitant » et l’alignement des montants octroyés aux cohabitants sur ceux octroyés aux isolés. Le statut « cohabitant » pénalise en effet les usagers de CPAS qui font le choix de vivre en famille !(Vous trouverez plus de détails sur ces deux propositions au bas de ce message). Une proposition de loi qui réalise ces deux objectifs est actuellement en discussion à la Commission Santé de la Chambre (ce mardi 29 janvier, et sans doute lors d’autres séances ultérieures) Le Collectif demande son adoption… (voir nos 2 premières revendications) Nous vous invitons donc à interpeller les responsables politiques pour soutenir l’adoption d’une proposition de ce type. Vous pouvez signaler votre soutien à cette proposition de loi (ou à des propositions alternatives) :-          aux présidents des partis politiques (elio@ps.be, joelle@lecdh.be, jean-michel.javaux@ecolo.be, didier.reynders@mr.be)-          ainsi qu’aux députés membres de la Commission concernée (voir la liste complète :  http://www.lachambre.be/kvvcr/showpage.cfm?section=/comm&...) ; Si vous en avez l’occasion, vous pouvez également assister aux travaux de la Commission Santé Publique, demain mardi 29 janvier à 11h. Pour ce faire, présentez-vous, muni(e) de votre carte d’identité, au 13 rue de Louvain (métro Arts-Loi). Annexe 1. Communiqué de presseAnnexe 2. Nos propositions pour le relèvement du RIS et l’alignement du statut cohabitant Collectif Solidarité contre l'Exclusion (CSCE)Tél :  02 218 09 90Fax : 02 223 73 95www.asbl-csce.be
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 Annexe 1. Communiqué de presse Communiqué de presse La Chambre débat d'une proposition de loi pour relever le RIS au-dessus du seuil de pauvreté et supprimer le statut cohabitant : à soutenir !  La Commission Santé de la Chambre a ouvert le débat sur une proposition de loi qui porte le Revenu d'Intégration Sociale (RIS) au-dessus du seuil de pauvreté et supprime la catégorie cohabitant pour l'octroi de l'aide sociale.Le Collectif Solidarité Contre l'Exclusion salue la proposition de loi déposée et invite l'ensemble des partis démocratiques à s'engager dans ce débat, à organiser des auditions des responsables de CPAS et de la société civile, et à soutenir une proposition de ce type.Suite du débat ce mardi 29 janvier à la Chambre...  On ne peut en effet vivre dignement avec 684 euros par mois (montant actuel du Revenu d’Intégration Sociale - RIS - pour un isolé), alors que le seuil de pauvreté est aujourd’hui chez nous de 822 euros par mois. De plus, il faut cesser de pénaliser, à travers le statut cohabitant, les usagers du CPAS qui font le choix d'avoir une vie de famille. Alors que les thèmes du pouvoir d’achat et de la lutte contre la pauvreté sont plus que jamais d’actualité, la proposition de loi déposée donne l’occasion aux responsables politiques de joindre le geste à la promesse.  Rappelons en effet qu’en juin 2007... Le Collectif Solidarité Contre l'Exclusion asbl avait interpellé des responsables politiques francophones sur ces deux questions avant les élections du 10 juin 2007 : Isabelle Durant  (Ecolo), Joëlle Milquet (CDH), Yvan Mayeur (PS) et Olivier Maingain (MR) (1).  
Tous s'accordaient à défendre la suppression de la catégorie cohabitant, et une large majorité se prononçait en faveur d’un RIS porté au-dessus du seuil de pauvreté.
  ... et qu’à présent en janvier 2008 Ce 1er janvier 2008, le Revenu d'intégration a été augmenté de 2%, sur proposition du Ministre de l'Intégration sociale, ce qui porte ainsi son augmentation à 10% depuis 2000. Malheureusement, le coût de la vie a lui aussi augmenté, et le seuil de pauvreté est quant à lui passé à 822 euros/mois pour un isolé en Belgique (selon la dernière étude européenne SILC 2005, ce qui implique que le montant actuel réel est encore plus élevé). Ce 22 janvier 2008, la Commission de la santé de la Chambre des représentants a commencé à discuter d’une proposition de loi, modifiant la loi du 26 mai 2002 concernant le droit à l'intégration sociale, en vue de porter le niveau du revenu d'intégration au-dessus du seuil de pauvreté et d'aligner le montant octroyé aux cohabitants sur celui octroyé aux isolés. Cette proposition de loi a été déposée par Zoé Genot, députée fédérale ECOLO et Wouter De Vriendt, député GROEN, et alii. Voir http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/52/0051/52K0051001.pdf Cette discussion se poursuivra lors de la réunion de la Commission Santé de la Chambre ce 29 janvier 2008, à 11h.http://www.lachambre.be/kvvcr/showpage.cfm?section=/comm&language=fr&cfm=/site/wwwcfm/agenda/comagenda.cfm?pat=PROD-commissions&type=full&com=805-014_00#Dinsdag  Le Collectif Solidarité Contre l'Exclusion asbl : 
  1. soutient la proposition de loi déposée et toute proposition équivalente qui programmerait au cours de cette législature l'augmentation du RIS au-dessus du seuil de pauvreté, ainsi que la suppression du statut cohabitant (et donc l'octroi à ceux-ci d'une allocation identique à celle des isolés).
 
  1. estime que cette augmentation programmée du RIS et la suppression du statut cohabitant devraient être étendues aux autres allocations de remplacement et que le salaire minimum devrait également être revalorisé. L'adoption de ces mesures au bénéfice des usagers du CPAS, qui sont dans un état de besoin criant, devrait être le premier pas de cette programmation sociale ultérieure plus étendue, dont la nécessité générale ne devrait pas servir de prétexte pour différer la revalorisation du RIS.
 
  1. demande aux députés et à l'ensemble des Présidents de partis démocratiques d'appuyer sans retard une proposition de ce type, et de soutenir notre demande d'auditions devant la Commission de la Santé, ouvertes notamment aux associations partenaires du Rapport Général sur la Pauvreté, aux partenaires sociaux et aux Présidents de CPAS.
 
  1. invite l'ensemble des citoyens sensibles à la lutte contre l'exclusion à interpeller les députés et Présidents de partis pour soutenir ces revendications.
  Plus d'infos sur notre campagne « Des CPAS qui garantissent le droit à une vie conforme à la dignité humaine » sur notre site www.asbl-csce.be (1)   Ces entretiens peuvent être visionnés dans le film que nous avons réalisé à cette occasion : « CPAS, dignité humaine et élections 2007 » (DVD disponible sur demande – vidéo téléchargeable sur  http://video.google.fr/videoplay?docid=-41201045019567287).
 
 Annexe 2. Nos propositions pour le relèvement du RIS et l’alignement du statut cohabitant 1.    Porter le RIS au-dessus du seuil de pauvreté Le problème le plus important rencontré par les usagers du CPAS est celui de l'insuffisance du montant de l'allocation pour permettre de mener une vie conforme à la dignité humaine.  Le rapport « Abolir la pauvreté – une contribution au débat et à l'action politiques » remis en décembre 2005 par le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale posait lui-même le constat suivant : « A la lumière du seuil de revenu utilisé au niveau européen pour déterminer le taux de risque de pauvreté, la faiblesse des montants des allocations sociales apparaît clairement, en particulier celles qui sont octroyées dans le cadre du droit à l'intégration sociale [...] ».  Le même rapport poursuit et indique qu' « une augmentation rapide des allocations sociales est indispensable. Elle devrait, par ailleurs, être réalisée dans le cadre d'une réflexion plus globale sur le niveau de l'ensemble des allocations et du salaire minimum. » (résolution 5.2). Il n'est plus possible aujourd'hui de vivre dignement avec 684 euros / mois pour un isolé. Cela l’est encore moins pour un cohabitant, qui reçoit 456 euros / mois, ou une personne ayant charge de famille, qui reçoit seulement 912 euros / mois. Or, la Belgique est un pays riche. Par exemple, l'encours des placements financiers de la population est, selon la Banque nationale, de 266% du PIB.  Il paraît dès lors relever d'une élémentaire justice sociale de porter le montant du revenu d'intégration pour un isolé au-delà du seuil de pauvreté de 822 euros / mois (1). Cette mesure, parallèlement à une augmentation généralisée des minima sociaux et du salaire minimum garanti, est donc la première priorité.  Le Gouvernement fédéral devrait impérativement programmer cette augmentation d’ici la fin de la législature. Car cette situation a des conséquences regrettables. Alors qu'ils sont censés permettre l'intégration des personnes et rendre effectif le droit à la dignité humaine, reconnu par la Constitution, les montants des revenus d'intégration actuels ne permettent pas aux bénéficiaires de sortir d'une situation de pauvreté ni, bien souvent, de disposer des moyens minimums pour assurer leur existence. Ceux-ci sont dès lors tenus de solliciter un ensemble d'aides complémentaires (colis alimentaires, aides sociales diverses), sans que l'octroi soit généralement un droit pleinement reconnu en fonction de la situation de besoin. Chacune de ces aides nécessite donc l'obligation d'apporter la preuve de son indigence, et de ne pas craindre des procédures nombreuses, complexes et stigmatisantes. En l'absence de ces aides complémentaires les personnes se voient de fait obligées, pour garantir leur survie, de faire appel à d'éventuelles interventions caritatives, voire de compléter leurs revenus en marge de la légalité, et notamment des conditions d'octroi du revenu d'intégration. Les travailleurs sociaux et les CPAS sont ainsi confrontés au paradoxe d'offrir une aide souvent insuffisante pour garantir, comme leur mission l'exige, le droit à mener une vie conforme à la dignité humaine et de devoir, parallèlement, sanctionner la personne si elle se procure l'aide complémentaire nécessaire. Dans l’attente de cette revalorisation du montant du RIS, les CPAS doivent accorder une aide sociale complémentaire au RIS : un forfait mensuel de 100 € ou, à tout le moins, suffisante pour permettre aux personnes de faire face à leurs besoins de base (dont celui d’un logement décent).  2.    Supprimer la catégorie cohabitant Il faut également aligner le montant du revenu d'intégration sociale des cohabitants sur celui des isolés. Le même rapport « Abolir la pauvreté – une contribution au débat et à l'action politiques », déjà évoqué, émet également le voeu que les revenus de remplacement ou de l'aide sociale soient fixés dans des catégories « qui respectent le choix de vie de chacun » : « La catégorisation des bénéficiaires du droit à l'intégration sociale comme de l'assurance chômage pose question. En effet, elle ne répond pas toujours adéquatement aux diverses formes de vie familiale existantes et engendre des effets pervers. La non-individualisation des droits sociaux, compte tenu de la faiblesse de ces revenus, tend à rompre les solidarités familiales ou amicales, et pousse aussi l'individu à développer des stratégies qui relèvent plus de la survie que du délit : travail au noir, domiciliation dans un immeuble 'à boites aux lettres'. [...] Les procédures de contrôle prévues dans le cadre du droit à l'intégration sociale et aux allocations de chômage sont souvent perçues par les ayants droit comme des intrusions dans la vie privée et alimentent le soupçon de la part des instances chargées d'octroyer les allocations, ce qui peut dissuader les ayants droit potentiels de revendiquer leurs droits. » (résolution 6.1) . Pour ce qui concerne le droit à l'intégration sociale, la loi du 26 mai 2002 a, en effet, comme cela est rappelé plus haut, maintenu des niveaux de revenus d'intégration différents selon que la personne est isolée, cohabitante ou vivant avec une famille à sa charge. La cohabitation étant entendue comme « le fait que des personnes vivent sous le même toit et règlent principalement en commun leurs questions ménagères ».  Comme s'en est fait l’écho le rapport « Abolir la pauvreté », de nombreuses associations actives sur le terrain de la lutte contre la pauvreté demandent l'individualisation du droit à la sécurité sociale et la suppression de la catégorie « cohabitant », ainsi que l'alignement du revenu de ceux-ci sur celui octroyé aux personnes isolées.  Ces revendications sont également soutenues par le mouvement féministe, les « cohabitants » discriminés par la loi étant de façon largement majoritaire des femmes. Le maintien de cette catégorie se fonde en fait sur une vision foncièrement inégalitaire de la famille, dans le cadre de laquelle le revenu de la conjointe est tout au plus un revenu d'appoint. Il convient donc de s'interroger si le maintien de cette disposition est compatible avec l'exercice effectif, pour les personnes en situation de précarité, du droit au respect de la vie privée et familiale, reconnu depuis 1994 au sein même de notre Constitution, et avec notre vision actuelle de la famille.  A cet égard, Jacques Fierens note pertinemment : « en raison de ce qu'on a appelé 'cumul social', la formation d'une famille ou le maintien d'un couple ne sont nullement encouragés, au contraire. Les personnes dont le revenu est trop bas, et qui vivent avec leur conjoint ou avec une autre personne, peuvent, de façon évidente, trouver avantage à se séparer. On peut se demander si un tel système, la déstabilisation qu'il induit, voire les fraudes qu'il encourage, sont à la mesure de l'enjeu financier » (in Droit et pauvreté).  Par ailleurs, le maintien de cette distinction oblige les CPAS à pousser leurs enquêtes sociales jusqu'au plus intime de la vie privée des allocataires.  En diminuant d'un tiers le montant de l'allocation des cohabitants par rapport à celui des isolés, déjà lui-même insuffisant pour garantir effectivement le droit à mener une vie conforme à la dignité humaine, la loi du 26 mai 2002 porte donc une atteinte disproportionnée aux droits à la vie familiale et à la vie privée. A l'exclusion de l'accès à un revenu suffisant s'ajoute ainsi, pour les personnes les plus précaires, l'exclusion effective du droit de fonder une famille, de facto réduit à une quasi-clandestinité, et celle du droit à une vie privée. Il faut donc supprimer cette discrimination et aligner le montant du revenu d'intégration octroyé aux cohabitants sur celui octroyé aux isolés. Ce type d'individualisation des droits, comme le relèvement des allocations au-dessus du seuil de pauvreté, doit également être appliqué dans les autres branches de la sécurité sociale. Mais ceci ne peut évidemment pas constituer un prétexte pour ne pas déjà le faire concernant le droit au revenu d'intégration et pour ne pas déjà déposer et faire adopter des propositions en cette matière. Nous souhaiterions donc que soit déposée une proposition de loi qui porte le revenu d’intégration octroyé aux personnes isolées au niveau du seuil de pauvreté et qui aligne, pour la réalisation du droit à l'intégration, le statut de la personne cohabitante sur celle de la personne isolée et vise ainsi à rétablir, pour les cohabitants, le bénéfice effectif du droit à la vie familiale et au respect de la vie privée, ainsi qu'à lever la discrimination dont ils sont actuellement l'objet concernant le montant de l'aide octroyée. Enfin, le revenu octroyé aux personnes ayant une famille à leur charge devrait être augmenté dans la même proportion que celui octroyé aux isolés. En outre, conformément au principe de l'individualisation, l'allocation de la personne ayant une famille à charge ne devrait plus également couvrir le droit de l’éventuel conjoint ou partenaire de vie. (1) Les seuils de pauvreté actualisés dans le cadre de l'enquête européenne EU-SILC 2005 sont de 822 euros par mois pour une personne isolée et de 1.726 par mois pour un ménage composé de deux adultes et deux enfants. 

16/06/2007

Carine Russo: entretien pour "La Gauche"

"Un monde plus juste pour une terre plus verte" Carine Russo,

Qui ne connaît pas Gino et Carine Russo, et le combat (politique, quoi qu'on en pense) exemplaire qu'ils ont mené pendant plus de dix ans en mémoire de leur fille Mélissa. Un combat aussi pour Julie Lejeune et tout les autres enfants et les personnes les plus faibles de la société.

Aujourdhui, Carine a franchi un pas important. Après avoir refusé dès 1999 de se présenter aux élections législatives, afin de se concentrer en priorité à l'aspect (dérive) judiciaire du dossier, et la farce du procès d'Arlon, elle vient d'accepter d'être candidates d'ouverture sur la liste du Sénat du groupe Ecolo à la 14ème place. Carine Russo a accepté de répondre à un interview pour le Journal "La Gauche".

 

Freddy Dewille:

Avant d'entamer la politique belge, quelques mots sur le programme de la LCR en France, et la campagne électorale d'Olivier Besancenot ?

Carine Russo: http://carinerusso.over-blog.com/

 

Je ne connais pas le programme de la LCR. J'en connais les grandes lignes. Je ne prétends pas connaître leur programme politique, ni celui d'aucun parti, y compris celui d'Ecolo. Je n'en connais que les grandes lignes de force.

J'ai constaté seulement qu'Olivier Besancenot avait fait le meilleur score de la "Petite Gauche" et que cela avait forcément une signification. Que sa communication était certainement la plus claire, la meilleure et la plus sincère. C'est sans doute cela qui explique son succès, et je pense que c'est une leçon pour tous les petits partis de gauche qui sont très divisés à l'heure actuelle.

FD: Si demain Ecolo se retrouve dans la majorité avec la droite, ne risques-tu pas d'être en conflit avec toi-même?

CR: Je me sentirais en conflit avec moi-même si un bon résultat Ecolo conduisait à une possible alliance -que moi j'appelle contre nature-, avec les libéraux. Alors là, je me sentirais en profonde contradiction avec moi-même, et surtout je me sentirais comme quelqu'un qui aurait vraiment été utilisée et même très mal utilisée par Ecolo parce que je ne suis pas là, moi, pour attirer des gens qui ont une fibre néo-libérale. Ce sont les autres que je pense éventuellement attirer. Donc, je me sentirais à la fois trahie par Ecolo et je me sentirais mal à l'aise par rapport aux gens qui ont voté pour moi. A partir du moment où Ecolo ne suit plus d'une certaine manière sa ligne, et que je veux rester cohérente, sincère avec moi-même, sincère avec les gens, j'estime que j'aurais des comptes à rendre à mes électeurs.

FD: Pas mal de personnes qui veulent te soutenir sont gênées par rapport à un ancien d'Ecolo, Vincent Decroly; qu'en penses-tu?

CR: En fait, la façon dont Ecolo s'est comporté avec Vincent à l'époque est extrêmement dommageable pour tout le parti, pour Vincent qui a un peu tout perdu aussi, mais ça a été surtout dommageable pour Ecolo. J'espère qu'ils en ont tiré les enseignements.

FD: Le danger, c'est que s'ils retournent sur une ligne droitière (que Vincent a dénoncée en son temps,) ce sera encore plus dommageable pour eux, non?

CR: Ce n'est pas comme un crime de droit commun. Ce n'est pas désastreux pour eux. Qu'on leur laisse encore une chance, et s'il y a récidive, alors il faudra prendre les choses autrement; là, tu deviens vraiement coupable si tu récidives. Je trouve qu'ils méritent une deuxième chance. Ils étaient nouveaux, très nouveaux, et il y a eu débat sur leur participation au pouvoir en 1999. Très personnellement, j'étais plutôt contre, mais j'ai évolué un peu à ce niveau-là, parce que je me suis dite que, sans l'expérience du pouvoir, ils n'auraient pu redresser leurs ligne et ne sauraient toujours pas comment cela se passe quand on va au pouvoir. En plus, ils ne se seraient toujours pas fait reconnaître comme un parti crédible, à égalité avec un autre parti, prêts à prendre leurs responsabilités, prêts à essayer vraiment quelque-chose. Ils allaient rester dans l'opposition? Il y avait deux façons de voir les choses. Dans l'opposition, ils auraient été plus forts, mais le discrédit qui était jeté contre Ecolo par les autres partis se situait exactement là: "... de toute façon, ils ne savent pas ce que c'est que de gérer le pouvoir, ce sont des petits comiques, se sont des utopistes,.. S'ils entraient dans un gouvernement, on verrait à quel point ce serait des incapables... etc.". Or, ça n'a pas été le cas, et même s'ils ont fait des erreurs, ils ont aussi fait progresser des choses.

FD : En 1999, Ecolo se présentait comme le relais des mouvements sociaux; aujourdhui, ils ont balayé tout cela d'un revers de main. Le mouvement UAG (Une autre Gauche), qui ambitionne de relayer de vraies valeurs de gauche, ne se présente pas. Le PC, le PTB, le MAS (sous l'étiquette CAP, de manière illégitimme en partie Francophone) en ont décidé autrement et se présentent en ordre dispersé. Force est de constater que cette Petite Gauche n'arrive pas à converger et se prépare, une fois de plus, à une déconvenue. Seule, la LCR belge est restée loyale, mais le problème reste le même, comment peut- on réellement être le porte-parole des valeurs de gauche?

CR: En fait, qu'est-ce qu'on veut dire par valeurs de gauche? Est-ce qu'il y a encore grand monde qui le sait? Quand on parle des petits partis de gauche, le message est complètement brouillé, à tel point que ça n'intéresse absolument plus personne. Ou alors, on associe systématiquement la gauche à Staline, les camps de l'ex-URSS, etc. A la limite ça fait peur. Combien de fois n'entend-t-on pas dire que "les extrémistes de gauche, c'est forcément dangereux". On ne veut même pas en entendre parler. Il y a même confusion entre "extrême droite, extrême gauche". En fait, aujourd'hui, est-ce que cela existe encore une extrême gauche? Il y a la gauche, la grande étiquette de gauche qui est en train de faire quoi ? Gérer le libéralisme ! La gauche ce n'est pas gérer le libéralisme.

FD: Dans le programme d'Ecolo, on voit comme une des solutions à la création d'emplois, la diminution des charges patronales. Pour la sauvegarde de la sécurité sociale, n'est-ce pas un signal dangereux?

CR : Non, car lorsqu'Ecolo parle de la diminution des charges patronnales, il parle des petites et moyennes entreprises. Arrêtons de les mettres aussi contre nous. On fait tous partie du même monde, en a besoin des petites et moyennes entreprises. La différence entre classes, ce n'est plus aussi simple. "Les patrons et les ouvriers" ça, c'est un vieux discours. La différence entre classes, c'est les grands financiers qui jouent en bourse et le monde des gens qui travaillent. Aujourd'hui un patron d'une PME c'est quelqu'un qui travaille comme les autres, c'est un petit travailleur. Il faut pas que l'on se prenne la tête; il y a patron et patron. Laissons quant même vivre l'économie de la classe moyenne. C'est eux aussi qui aident à créer des emplois et qui font tourner l'économie. Mais, Ecolo n'est pas d'accord avec une réduction des charges patronales pour les grandes entreprises.

FD: Dans le programme du PTB, on ne retrouve plus la réduction du temps de travail (RTT) comme une des solutions pour créer de l'emploi. Et toi, qu'en penses-tu?

CR : Il y a déjà très longtemps que l'on a réfléchi au problème, et la RTT était une solution pour la création d'emplois déjà pour les années 80. Hélas, cela ne sait s'est pas passer comme cela. Je pense que cela reste toujours valable, mais c'est encore plus difficile aujourd'hui à revendiquer.

FD : C'est même l'inverse qu'il se passe aujourdhui : augmentation du temps de travail avec diminution des salaires ! Quand on voit les conditions de reprise de l'activité à VW et, dans le même temps, on découvre les parachutes dorés...

CR : Exactement, c'est contre ça qu'il faut aussi lutter. C'est ça les vrais décalages aujourd'hui. D'un côté on demande aux travailleurs de toujours travailler plus, pour gagner moins, et à côté de cela on ferme les yeux sur les parachutes dorés. On laisse faire des profits de plus en plus plantureux à des gens qui ne travaillent pas ou qui n'ont pas comme but de travailler plus.

FD : Par rapport à la chasse au chômeurs, Josy Dubié avait répondu que l'on ne faisait pas la chasse aux grands fraudeurs financiers, et que l'on préfère s'attaquer aux petits chômeurs.

Et toi, quel est ton point de vue?

CR : C'est sur la cause du chômage qu'il faut se pencher. On est d'ailleurs dans cette problématique. Ceci dit, certains chômeurs sont demandeurs de plan d'accompagnement. Ils sont tellement paumés, ils ne demandent pas mieux que d'être un peu mieux accompagnés pour retrouver du travail. Il y a donc des choses qui sont bonnes là-dedans. Il ne faut pas tout jeter dans le plan d'accompagnement. Ce que l'on appelle chasse aux chômeurs c'est plus grave, c'est sanctionner sans réfléchir plus loin sur la situation des gens. Ce n'est pas que les chômeurs ne veulent pas trouver du travail, ils ont envie d'avoir une activité, mais c'est que le travail parfois proposé ne correspond absolument pas à la personnalité des gens, ou leur situation familliale, ou à leurs désirs. Ils seront exploités ou mal considérés, mal payés. Alors que cette personne-là pourrait être extrêmement bien dans un tout autre domaine qui correspond à ses aspirations. Des gens qui n'ont d'aspirations à rien, je doute que ça existe sans raison sociale profonde.

FD : On n'en vient alors au droit de grève via le service minimum. Ta position sur la plateau de la RTBF, a tranché par rapport à tous les autres candidat(e)s, nouveaux, et anciens.

Même Josy Dubié était plus nuancé.

CR : Ecolo n'est pas contre le service minimum; ils sont un peu comme les autres, le truc raisonnable c'est le service minimum, mais moi, je suis pas pour. Je suis candidate d'ouverture, je suis indépendante. Même si c'est la ligne Ecolo que je soutiens, j'estime avoir le droit de dire que c'est un début de dérive par rapport au droit de grève. C'est comme cela que l'on commence à remettre en question ce droit. Petit à petit, on trouve qu'il n'y a plus de raison de faire grève. J'ai entendu au débat une autre candidate nous dire que l'on ne pouvait pas admettre que des petits enfants attendent pendant une heure, leur bus qui n'arrivera jamais, etc. Ensuite Florence Reuter a même dit "et les personnes qui doivent aller à l'hôpital ?". Je lui ai répondu: " Tu connais beaucoup de personnes qui vont à l'hôpital en bus, toi? (rire...) Elle m'a répondu "Ah non, non." (rire..).

J'ai expliqué que l'on ne fait jamais grève pour le plaisir. Ce que l'on critique chez les grévistes, c'est qu'ils prennent en otages les usagers. Les usagers des transports en commun qui sont effectivement les personnes les plus fragiles. Les enfants qui vont à l'école ... Ceux qui disent ça, prennent eux-mêmes en otages les enfants dans leurs discours politiques. Donc quelque part, les enfants vont toujours être utilisés pour être pris en otages, d'une façon comme de l'autre. Et ça, on doit le dénoncer. Et enfin, il faut faire la part des choses. Un enfant qui patiente une heure pour son bus, c'est qu'il y a déjà un problème au niveau du lien social parce que les institutrices, l'école, un voisin, n'importe qui peut penser à venir chercher les enfants ce jour-là. En comprenant qu'une grève est une grève, tout le monde peut s'organiser. Mais un enfant qui attend une heure son bus c'est quand même moins grave que le gosse dont le père a perdu son emploi. Lui, il risque de devoir attendre longtemps pour une jeunesse normale.

FD : Et que penses-tu de la situation des sans-papiers?

CR : A partir du moment où on avait des sans-papiers qui arrivaient sur le sol de la Belgique, on n'a pas d'autres choix que de les accueillir, parce que toute notre politique doit être basée sur l'humanisme, sur la solidarité. Donc il faut les régulariser. Il faut se rendre compte que nous sommes en grande partie responsables de leur misère; s'ils sont arrivés ici, c'est pas pour le plaisir de quitter leurs pays. Pays qui est bien souvent plus beau que le nôtre, entre parenthèses. Nous devons réparer les dégâts causés, 1) en commençant par les accueillir. C'est urgent, on ne peut pas les laisser mourir, parce qu'on parle bien de vie et de mort dans cette affaire. Et deux 2), simultanément, on pense à la manière de gérer la solidarité Nord -Sud. Ensuite comment empêcher ces exodes massifs du Sud vers le Nord ? En rééquilibrant les rapports Nord-Sud. Il y a des tas de propositions pour cela. C'est indispensable et c'est aussi urgent. Sinon on va continuer d'être responsables. La situation est complexe. Il faut essayer d'avoir la vision, la plus claire possible. Commençons d'abord par ça, par clarifier cette situation complexe. C'est quoi la solidarité?

Pourquoi c'est si compliqué? Pourquoi une telle perte de valeurs ? Pourquoi tout le monde se sent mal ? Parce que justement on ne sait plus ce qui est juste, ce qui ne l'est pas. On doit essayer de ré-expliquer honnêtement ce que signifie justement la solidarité et la justice, vraiement ré-expliquer le sens profond des valeurs, et surtout pas les laisser voler, les laisser séquestrer par la politique de droite. En France il y a plein de gens qui ont été séduits par le discourt de Sarkozy dans la mesure où il donnait l'impression que la France avait droit à plus de justice. Les gens ont soif de justice, mais encore faut-il savoir de quelle justice on parle. Je veux dire que la droite, en séquestrant ces valeurs, en bout de compte, n'en a strictement rien à faire. Elle les a séquestrées pour son profit personnel. Il faut tout le temps essayer de distinguer, dans les discours, qui dit les choses par honnêteté? Qui les dit pour des intérêts cachés?

FD : Et par rapport à l'entrée de la Turquie dans l' Europe? Là aussi tu étais à contre courant dans cette fameuse émission de Mise au point.

CR : Je suis pour l'ouverture de l'Europe à la Turquie, encore une fois par souci d'humanité, de progrès, de la démocratie, du progrès de la liberté...du progrès des droits humains, par souci d'humanité. Parce qu'il y a des Turcs qui se battent depuis tellement longtemps pour espérer acquérir enfin de vrais droits vers plus de liberté. Exemple Bahar Kimyongür. Nous les Européens, la moindre des choses, c'est de montrer que nous sommes là aussi pour soutenir la lutte des autres pour ces mêmes droits, même s'ils ne sont pas encore dans l'Europe.

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FD : Autant la question sociale fut à l'ordre du jour dès le début de l'ère industrielle, autant le bouleversement climatique sera pour ce 21ème siècle la question fondamentale pour la survie du système économique, et donc capitaliste, mais surtout de l'humanité. C'est sur cette urgence que tu as choisi de t'investir comme candidate d'ouverture chez Ecolo?

CR : Autant la solidarité entre humains reste importante - c'est une question de survie du groupe humain -, autant il dépend de l'environnement. Donc à la solidarité entre humains, doit s'ajouter une nouvelle solidarité, une solidarité avec l'environnement. La nature a toujours été solidaire de nous. Sans elle, on n'existe pas, tout simplement. On lui rend bien mal. Et je pense que si on veut subsister en tant qu'humains tout simplement, on ne peut pas faire l'impasse sur les défis climatiques, sur les enjeux environnementaux. On est viscéralement liés à la nature. On dépend d'elle. Maintenant on peut aussi dire qu'elle dépend de nous. C'est carrément l'existence de la vie sur terre qui est remise en question, ici. Il y a une des valeurs sur lesquelles on doit s'appuyer sans cesse en tant qu'être humain, c'est celles du respect. Du respect des uns envers les autres, mais également du respect de notre environnement.

FD : On va vers des conflits, ne serait-ce que pour s'accaparer l'eau de plus en plus rare dans certaines régions du monde. Un milliard de personnes risquent de devoir se déplacer. Mais chez nous la problématique du réchauffement climatique ne risque-t-elle pas d'être utilisée pour s'attaquer aux acquis sociaux?

CR : A long terme, c'est mortifère. Persister dans la logique néo-libérale et faire semblant de s'occuper d'environnement, d'avoir une préoccupation environnementale est tout a fait inconciliable. Si les gens ne comprennent pas qu'il faut les deux "Gauche et Vert" effectivement dans un premier temps, les gens du Sud vont subir les effets du réchauffement climatique, ce qui est déjà le cas en grande partie, puis ici également. Ce sont les populations les plus pauvres qui vont en subir les effets les premiers. Dans un deuxième temps tout le monde sera touché, y compris les gens qui auront essayé d'engranger un maximum de profits toujours à leur avantage. La nature ne leur pardonnera pas non plus; s'ils l'ont oublié, ils en font partie aussi. Leur argent, leur profit ne vaudra strictement plus rien par rapport au manque de ressources. L'eau potable, ils vont l'amener uniquement pour eux? En Angleterre, la classe moyenne, qui équivaut à la grosse bourgeoisie ici, est bien plus développée que nous en matière d'énergie renouvelable. Des tas de gens ont déjà dans leur jardin des éoliennes privées. Ici, s'équiper en énergie renouvelable individuellement est très onéreux, même s'il y a des primes, cela reste inaccessible à beaucoup de personnes.

FD : C'est comme les citoyens que l'on va culpabiliser sur leur responsabilité quant au réchauffement climatique alors que dans le même temps on subventionne le grand prix de Francorchamps (et là derrière une grosse fortune) en omettant le gaspillage énergétique et la pollution !!?

CR : Ecolo a été très courageux au départ. Mais maintenant plus personne n'en parle. On a dit :" Ecolo est stupide, ils n'ont rien compris, ils sont à côté de la plaque, ils sont dangereux. Mais non ils ne sont pas dangereux; ils n'ont pas dit qu'il fallait réduire les investissements économiques et laisser la Wallonnie à l'abandon au nom de l'environnement ou de la protection de l'environnement, mais c'était plutôt : réinvestissont autrement. Un circuit automobile? Qui a besoin à tout prix d'un circuit automobile? En quoi est-ce si important que cela? N'y a t'il pas des choses tellement plus prioritaires que le maintien d'un circuit automobile, dont on venait dire que ça faisait vivre toute une région. Il ne faut pas supprimer les loisirs mais il faut un moment donné calculer une bonne fois pour toute le coût à la collectivité.

FD: Par rapport au rachat des droits de gaz à effet de serre?

CR : C'est un scandale. C'est se donner la bonne conscience pour le droit de polluer. Ca ne régle absolument pas le problème. Ca doit se régler dans la réalité. La diminution de CO2 partout, c'est pas pour faire semblant. En rachetant des quotas de droit de polluer à gauche et à droite, on va rien diminuer comme ça. On va pouvoir polluer autant, tout en obligeant les autres à polluer moins. Ca n'a aucun sens. Ca ne règle le problème que virtuellement. La nature ne va pas écouter les principes économiques des néo-libéraux. Elle fera ce qu'elle veut.

"Il faut cesser d'être raisonnable" Carine Russo, 1996

FD : Quelle est la question que l'on ne ta jamais posée ou qu'elle est la réflexion que tu souhaites exprimer?

CR :Il y a 10 ans, au moment de la Marche Blanche, j'ai dit qu'il fallait cesser d'être raisonnable. Maintenant, je voudrais bien revenir sur ce que j'ai voulu dire par là.

Ce qui est raisonnable, c'est ce que l'on essaye de nous faire croire, comme par exemple : "pensez aux chiffres, au budget, etc." . Il faut redevenir raisonnable , mais en utilisant réellement ce terme à sa juste valeur. Etre raisonnable à l'heure actuelle, c'est le contraire de ce que l'on dit être raisonnable. Aujourdhui, ce qu'on estime raisonnable est utopique : "c'est la raison, c'est la seule raison possible..." Je trouve qu'il y a déjà assez de brouillage, de chaos pour le moment dans le monde. Que beaucoup de personnes se posent la question: Où va t'on? Qu'est-ce que cela nous démontre? Que ce que l'on nous dit être raisonnable en fait, c'est de la folie . Cessons de continuer dans cette folie là. Redevenir raisonnable, c'est la vraie raison, c'est la raison humaine.

FD : Le fossé entre le citoyen et le politique s'élargit encore. Comment les réconcilier ?

CR : Les gens quand ils parlent de leur quotidien, ils sont très politiques, mais ils ne se rendent pas compte que c'est de la politique. La politique maintenant, c'est uniquement la politique politicienne, le budget, la croissance, des choses dont on ne sait pas forcément maitriser si on a pas fait de longues études en politique ou en économie. Tout le monde croit que c'est ça la politique. Pour moi la politique c'est lié directement à la vie tout simplement et notament la vie quotidienne des gens. Que disent-ils? Quand on écoute bien, les gens , ils en font tout le temps de la politique, mais ils ne s'en rendent pas compte.

On leur dit, c'est pas ça la politique, on leur dit la politique, c'est le pouvoir et la gestion.

C'est pas que ça la politique. C'est aussi ce que chacun chez soi peut remarquer qui ne va pas très bien. Exemple, lorsque quelque chose ne va pas très bien dans le quotidien d'un couple, c'est souvent lié à quelque chose qui ne va pas non plus, dans la gestion politique, mais les gens ne font pas le lien.

Quand les gens disent qu'ils en ont marre, qu'ils ne veulent plus travailler, qu'ils sont de plus en plus fatigués, qu'ils ne se sentent plus assez performants, qu'ils vieillissent, ou qu'ils ont l'impression qu'ils ne sont plus assez compétitifs comme on leur demande de l'être. Ce n'est pas eux qui sont en cause, c'est le système. S'ils cherchent à comprendre : "Pourquoi je suis stressé? Pourquoi mon patron est stressé? Pourquoi celui-ci est tenu par des contraintes économiques, sinon on va se retrouver au chômage?

Donc les gens vivent dans la peur de l'insécurité tout le temps par rapport à ce diktat économique, et puis on se demande pourquoi ils ne sont plus bien!!?. Quand ils n'arrivent déjà plus à faire la part des choses par rapport à ça, il ne faut surtout pas qu'ils se culpabilisent.

Si on se plaint, c'est déjà pas mal. Mais c'est qu'il y a des raisons. Il faut d'abord être écouté. Il ne faut pas tout le temp se plaindre non plus; il faut aussi réfléchir aux vraies causes de la situation. Par exemple dans un couple, où chacun travaille et rentre en fin de journée fatigué, surgit des disputes pour un oui ou pour un non. Pour chacun, c'est la faute de l'autre. Ca va même jusqu'au divorce. On reporte la tension sur l'autre, le plus proche, et finalement, c'est le couple qui explose; on a trouvé le coupable chez le plus proche. C'est le même phénomène que le vote rejet, le vote extrême droite. C'est l'étranger le coupable, le bouc émissaire.... Alors que s'ils arrêtent un peu et se posent les questions du genre : qu'est-ce qui ne va pas au niveau du boulot ? A partir de là, ils peuvent déjà commencer à comprendre ensemble que c'est pas eux qui sont fautifs. Même si les motifs semblent importants, les disputes ne sont jamais que des conséquences.

FD: La violence que l'on attribue au jeunes, c'est lié aussi à notre choix de société?

CR : La violence chez les jeunes, la délinquance, la perte de repère, le décrochage scolaire, etc., c'est lié au système sur lesquel on continue de fonctionner. C'est le système dans lesquel on essaye d'inscrire les jeunes qui posent problèmes. S'ils décrochent on dit qu'ils posent problèmes. Non, c'est le système où se retrouvent les jeunes qui pose problème. S'ils sombrent dans la délinquance et la violence, il faut chercher les causes profondes de l'intérieur du système et pas directement en les stigmatisant. En plus, on divise une fois encore, les groupes de la société. Les personnes plus âgées disent : " les jeunes n'ont plus de respect !! ". Il faut essayer de comprendre dans quel monde vivent ces jeunes. Beaucoup n'ont pas eu les mêmes chances ou la même qualité de vie. Je peux comprendre que la violence des jeunes devient difficile à supporter, mais encore une fois, on en est responsable. Et comme on n'arrive plus à gérer , on veux sanctionner, mettre en prison, etc. Pour finir, on va mettre tout le monde en prison sauf ceux qui devrait vraiment y être et ainsi on ne va plus investir dans l'enseignement. C'est ça la solution? Tous ceux qui gênent , qui ne seront pas toujours obéissants à la même loi du marché unique, on va les mettre en prison. C'est normal qu'ils réagissent parfois par la violence, comme ils sont plus impulsifs, surtout que maintenant, on peut être beaucoup plus découragé et nihiliste que aucune jeunesse ne l'a jamais été jusque maintenant.. Il y a de bonnes raisons.

En France, avec le CPE (contrat première embauche), j'ai entendu beaucoup de personnes dire: "..mais qu'est-ce qu'ils veulent ces jeunes? On voit qu'ils sont jeunes, ils n'ont pas de plomb dans la cervelle. Qu'est-ce qu'ils font? Ils n'ont rien dans la tête et préfère traîner dans la rue..". C'était déjà vu comme une incivilité. Non les jeunes, ils attendent que l'on tienne un peu compte d'eux. Ils sont quantité négligeable sauf quand il faut aller voter. Pour ça, ils sont bon....On ne les respecte pas et puis on leur demande leur part de respect. Le respect c'est dans les deux sens. On ne peut pas ne pas écouter quelqu'un et être méprisant avec lui et en attendre du respect, c'est pas possible , c'est injuste. C'est profondément injuste.

Extrait du Travail de fin d'étude FOPES , 24 juin 2004

La diversité des personnalités qui émerge tout au long de ces dix années va inévitablement créer des situations tantôt de complémentarité, tantôt de paradoxe, tantôt de conflit même. Sans mettre sur un piédestal les parents Russo, force est de conclure, pour moi, qu’ils ont été la cheville ouvrière du mouvement qui a secoué, certes avec leur entourage, tout ce monde politique et judiciaire.

Si on retirait ce couple, de gauche anomique, de ce conflit avec les institutions, ce problème de société n’aurait jamais eu un tel écho. Personnellement, je pense que Carine Russo fut la plus politique, la plus revendicative, la plus impliquée. C’est aussi la personne qui a la meilleure connaissance du dossier.

Pourquoi lors de son entretien avec le journaliste Rydberg, elle dira entre autres que c’est très important de tirer à gauche?. Si on s’intéresse comme j’ai pu en prendre connaissance aux origines familiales de Carine Russo, on peut légitimement penser qu’elle a été très fortement influencée par le passé de résistants de ses parents. De plus, sa maman ayant été dans la résistance communiste, elle exprime un grand attachement à une vision de société où le roi argent n’est pas dominant. Son frère Michel Collet semble du reste partager les mêmes valeurs.

Le cocktail entre Gino Russo (dont la maman était secrétaire de la section communiste dans son village en Sicile) et Carine Collet était donc certainement explosif, et son détonateur fut allumé avec la disparition de leur fille. Il ne leur a fallu que quelques jours pour faire le constat du fonctionnement défaillant de l’appareil d’Etat, refuser la fatalité, et secouer l’Etat.

Etaient-ils guidés par le sentiment d’une justice de classe lorsqu’ils remuaient ciel et terre pour se faire entendre tout en gardant leur statut de parents ? Y ont-ils perçus une opportunité, tragique pour eux, de faire évoluer les choses et de favoriser la prise de conscience, par les citoyens, de la nécessité de reprendre leur destin en mains, plutôt que de tout laisser décider à leur place par la bureaucratie

http://freddydewille.skynetblogs.be/archive-day/20070101

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26/05/2007

Carine Russo, 8 juin, Meeting de campagne électoral

 
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Anderlues

Meeting de campagne électorale

Carine Russo(1)

candidate d'ouverture à la 14 ème place pour le Senat

sur la liste 10 Ecolo

Vendredi 8 juin à 19 H

Une organisation du comité de soutien à Carine Russo,

Bienvenue à tous, entrée gratuite.

Salle du Centre Culturel, Maison Communale

place Albert 1er, 21, à 6150 Anderlues

Pour le comité de soutien et éditeur responsable: alain.vanpraet@skynet.be GSM : 0476 471179

(1) Sous réserve

12/05/2007

Conseil Communal d'Anderlues, 15 mai 2007, points supplémentaires ajouté par le groupe Gauche

A l'attention du Collège Communal

 

 

En vertu de l'article L1122-24 du code de la démocratie locale et de la décentralisation, le groupe Gauche présente les points supplémentaires suivants à l'ordre du jour de la séance du Conseil qui aura lieu le mardi 15 mai 2007 à 19 heures, à la Maison communale.

 

 

I.) Amendements au réglement d'ordre intérieur du conseil communal. Décision:

a) à l'article 23, après le 1er alinéa : "...relatifs à la convocation du conseil..." ajouter : " , ainsi que par :

- un avis publié dans la presse locale

- un avis diffusé sur le site internet de la commune.

 

b) à l'article 60, supprimer : " Aucun quorum n'est requis." et ajouter : " Toutefois, pour se réunir valablement, il conviendra que la majorité des membres en fonction (au sens de l'article 28 du présent réglement) tant du conseil communal que du conseil de l'action sociale soit présente.

 

c) Ajouter sur les convocations après la date , l'heure et le lieu: : PROCHAIN CONSEIL COMMUNAL : le......
A la fin de chaque séance du Conseil communal, la parole est donnée au public

d) A la fin de l'ordre du jour de chaque conseil communal, ajouter :" ---> A la clôture de la séance du Conseil communal, le Bourgmestre invitera les citoyens présents lors de la séance publique, à un échange de réflexion sur les points débattus en séance publique.

II.) Organisation de la représentation, en collaboration avec le Centre Culturel d'un évènement spéctacle "Kyoto mon amour" (voir projet en annexe) dès l'automne 2007. Décision de principe.

III.) Mise sur pied d'une commission communale " Environnement et pollution". Accord de principe.

IV.) Climat et Justice social (Pétition en annexe) Signature du Conseil Communal d'Anderlues en tant que tel: Décisions.

 

Commentaires:

Points I) a) et b) : Suite au dernier Conseil Communal, le Bourgmestre a proposé de venir, à la séance suivante, avec les amendements débattus juste avant le vôte (vôte qui permettait un réglement provisoire)

c) Comme prévu pour le conseil communal de, par exemple de Fontaine-l'Evèque:

 

PROCHAIN CONSEIL COMMUNAL : 26 avril 2007 à 19h30 . (Château Bivort)
A la fin de chaque séance du Conseil communal, la parole est donnée au public.

d) A la fin de l'ordre du jour: "A la clôture de la séance du Conseil communal, le Bourgmestre invitera les citoyens présents lors de la séance publique, à un échange de réflexion sur les points débattus en séance publique.

Points II) Dans le cadre d'une plus grande sensibilisation de la population, et notamment des générations futures, sur les causes et conséquences du changement climatique au Nord et au Sud, le Conseil Communal pourrait , en collaboration avec le Centre Culturel permettre la représentation, avec débat, du spéctacle "Kyoto mon amour" (voir projet en annexe) et ce dès l'automne 2007. En tout public, il y a une intervention possible de plus ou moins la moitié du coût du spectacle soit un coût pour l'organisateur de 375 euros

En scolaire, il est possible d'avoir une intervention de 220 euros soit un côut pour l'organisateur de 530 euros ; d'autres possibilités d'interventions et subsides sont possibles.

Points III.) Dans le cadre des problèmatiques liées tant à la polution du site de l'ancienne cokerie, que du réchauffement climatique et leurs conséquences sociales graves pour les années à venir au niveau local, le Conseil Communal décide en application du réglement d'ordre intérieur du conseil communal, chapitre 3, article, 50, 51, 52, 53, 54, 55 de créer une commission spécifique à l'objet repris ci dessus.

Points IV) Une pétition (apolitique) sur la problèmatique de la "Justice social suite au conséquence du réchauffement climatique" est actuellement disponible sur le net. Celle-ci prépare une mobilisation au niveau mondial pour le 08 décembre, pour sensibiliser un maximum de décideurs politiques et économiques.Cette pétition peut avoir le soutien du conseil communal d'Anderlues en tant que tel.

 

 

.

Climat et Justice sociale ! Petitions

 

 

Pour signer en ligne :

http://petitions.agora.eu.org/climatetjusticesociale/index.html

Nous ne pouvons pas rester les bras ballants alors que la manière de produire et de consommer des pays riches engage notre planète sur la voie d’une catastrophe climatique qui frappera des millions de gens (surtout les plus pauvres), augmentera encore les risques de guerre et détruira définitivement d’innombrables richesses naturelles.

Depuis plus de trente ans, les scientifiques mettent en garde contre le réchauffement mais presque rien n’est fait, on continue à foncer dans le mur parce que l’ignorance, l’égoïsme et la soif de profit à court terme s’opposent à l’action collective urgente et nécessaire. Les efforts individuels témoignent d’un réel engagement et d’une prise de conscience de la gravité de la situation, mais ils ne suffisent pas. Nous décidons de nous mobiliser pour que les gouvernements prennent enfin les mesures structurelles radicales qui s’imposent, et pour que ces mesures respectent les principes de justice, d’égalité sociale, de démocratie et de solidarité. Le lancement de cet appel est une première étape.

« Climat et justice sociale ! » s’inscrit dans la mobilisation mondiale des mouvements sociaux en faveur d’un traité climatique international respectueux de l’environnement, efficace et équitable. Un traité respectueux de l’environnement doit respecter les limites de la biosphère et proscrire les technologies dangereuses, telles que l’énergie nucléaire. Un traité efficace doit garantir la réduction globale rapide des émissions de gaz à effet de serre jusqu’au niveau nécessaire pour que la hausse de température reste inférieure à 2°C par rapport à la période préindustrielle. Un traité équitable doit faire payer la facture aux responsables du gâchis climatique, redistribuer la richesse, tant entre Nord et Sud qu’au sein des sociétés du Nord et du Sud, pour ouvrir la voie à un partage responsable des ressources.

Tout en collaborant avec les autres forces qui mobilisent les citoyens pour la défense du climat, « Climat et justice sociale ! » s’adresse plus particulièrement à la jeunesse, aux femmes, au monde du travail, aux personnes d’origine immigrée, aux réfugiés et aux exclus : leur participation est la meilleure garantie pour que les préoccupations de justice sociale et d’égalité soient au coeur de la défense du climat.

« Climat et justice sociale ! » vise à rassembler dans la diversité le plus grand nombre possible de citoyens décidés à agir pour sauver le climat selon les principes énoncés dans cet appel. Nous sommes conscients du fait que ceux-ci peuvent se concrétiser à travers un large éventail de mesures. Nous revendiquons cette diversité comme une force, et prendrons des initiatives pour que toutes les propositions se réclamant de nos principes fassent l’objet de débats ouverts, stimulants et inventifs.

Dès maintenant, nous appelons chacune et chacun à s’organiser démocratiquement pour préparer les manifestations qui seront organisées le 8 décembre 2007, en Belgique et dans le monde entier, dans le cadre de la « Global Climate Campaign »

 

04/05/2007

Formation politique Gauche

Gauche

ANDERLUES

Formation Politique (gratuite)

Lundi 7mai 2007, 19h30, salle du conseil communal, place Albert 1er,

En collaboration avec l'ASBL Formation Léon Lesoil ,le groupe Gauche vous invite à la prochaine séance de formation politique gratuite sur le thème :

Environnement et Capitalisme : qui va payer?

Tout le monde parle de pacte écologique, de consensus, d'union nationale.

Est-ce le moyen de sauver l'environnement dans la Justice sociale? Ou au contraire un Cheval de Troie contre les acquis sociaux?

 

Animateur: Daniel Tanuro, bioingénieur, commission écologie de la LCR

 

Information et inscription:

Coordination Formation politique du groupe Gauche: Isabelle Brux 0479 900941, Freddy Dewille 0476332373 : gaucheanderlues@hotmail.com

 

 

 

03/05/2007

Meeting d’Olivier Besancenot à Lille le 11 avril devant 1.800 personnes… La LCR Belgique était là !

 

 

La campagne de notre camarade Olivier Besancenot, candidat de la LCR aux élections présidentielles françaises, connaît une dynamique forte et en croissance, qui se traduit par le nombre important de participant/es aux meetings. Qu’on en juge : 800 personnes à Clermont Ferrand, 1500 à Tours, 1500 à Bordeaux, 1200 à Marseille, etc. Soit entre 2 et 3 fois plus de monde que lors des meetings de la campagne de 2002 !

 

Afin de soutenir cette campagne anticapitaliste combative et pédagogique, la LCR belge a organisé ce mercredi 11 avril un déplacement en car de Bruxelles pour le meeting de Lille d’Olivier Besancenot. Au total, en bus, en voiture ou en train, c’est près d’une quarantaine de personnes qui ont fait le déplacement de Belgique pour un meeting particulièrement enthousiasmant. Et ce dans une salle archi-comble, puisque ce sont près de 1800 personnes qui ont écouté Olivier à Lille. Une affluence record qui a malheureusement obligé à refuser plusieurs dizaines de personnes !

 

Une camarade de Lille, Séverine, a ouvert le meeting en évoquant les dégâts que produit le capitalisme dans une région qui est à la fois une des plus pauvres et des plus riches de France, avec 2 des 4 plus grosses fortunes françaises et en même temps des taux records de chômage, de logements insalubres, de surmortalité dans de nombreuses pathologies…

 

Ensuite, Roland du comité des sans-papiers local a rappelé la lutte de ceux qui sont traqués par la police, le scandale des sans-papiers errant dans des conditions indignes autour de Calais depuis la fermeture du centre de Sangatte et l’exigence de régularisation collective des clandestins vivant en France.

 

Notre camarade Freddy Dewille, conseiller communal à Anderlues, délégué syndical CSC Transcom et initiateur de l’Appel pour Une Autre Gauche, a pris ensuite la parole pour apporter les salutations de la LCR belge. Il a montré en quoi les travailleurs/euses en Belgique, au même titre que les travailleurs/euses en France, sont confrontés aux mêmes politiques de régression sociale, et a souligné l’importance de construire une véritable gauche de combat anticapitaliste et internationaliste. Il a exprimé avec force et chaleur notre soutien à la campagne d’Olivier.

 

Un militant des JCR a décliné les exigences de la jeunesse, notamment la fin de la précarité et un CDI pour tous et rappelé les luttes contre le CPE.

 

Enfin, l’intervention d’Olivier, qui s’était rendu un peu plus tôt dans un quartier populaire de Hem pour discuter avec 80 jeunes à l’invitation d’une association, a été très chaleureusement accueillie. La salle et les très nombreux jeunes présents ont applaudi à tout rompre sa dénonciation de la politique de la droite au pouvoir et l’idée qu’il y a urgence à se battre pour imposer nos droits, quel que soit le gouvernement qui sera issu des urnes.

 

Après le meeting, dans le bus qui nous a ramené à Bruxelles, l’enthousiasme et les discussions allaient bon train. Tous et toutes, militant/es, sympathisant/es, camarades d’UAG ou « simples curieux » ont été impressionnés par le nombre des participant/es et leur jeunesse, la qualité oratoire et le contenu des interventions, à commencer bien sûr par celle d’Olivier. Romain, 12 ans, le benjamin de notre délégation, en garde un souvenir fort.

 

A noter - une fois n’est pas coutume vu le black out médiatique habituel à l’encontre de la gauche radicale en Belgique -  qu’une séquence du JT de RTL-TVI du jeudi 12 avril a été consacrée à notre déplacement ; une équipe télé était présente à Lille et à interviewé deux de nos camarades.

 

C’est donc gonflés à bloc que nous allons continuer à apporter notre contribution à la campagne de notre camarade en diffusant en Belgique auprès des résidents français des tracts d’Olivier Besancenot. Pour nous aider dans cette diffusion, vous pouvez nous contacter à info@sap-pos.org

 

Ci dessous, quelques photos (par Manuel Abramowicz)

04/12/2006

Discours prononcé le 04 décembre 2006, prestation de serment

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, membres du Collège communal,

 

Nous voici reparti pour six ans.

Six années de travail au bénéfice uniquement de nos concitoyennes et concitoyens.

C’est donc, comme toujours, de manière constructive, mais avec beaucoup plus de prudence que j’exercerai le mandat qui m’est, une fois de plus, confié par une fraction de la population locale.

Il va de soi qu’afin d’éviter que ce travail d’opposition ne soit notamment ridiculisé par le pouvoir de tutelle, ma vigilance, mes critiques, mes recours seront beaucoup plus visibles. J’ose espérer, comme déjà évoqué à l’un de vos prédécesseurs, et qui sait, peut-être à un de vos successeurs, qu’à ma place, vous en feriez tout autant.

Vous avez opté pour un virage à droite, soit.

Que votre pacte de majorité, contre nature (quoique…) soit le fait d’un accord préélectoral de dernière minute, soit.

Faire croire qu’il s’agit d’une ouverture, là, de grâce, non ; ce serait faire croire que cette alliance est dû à la compétence de votre nouvel allié ; or, il s’agissait tout simplement de garantir et d’asseoir votre pouvoir, face à votre adversaire depuis peu (du moins officiellement).

Que grand bien vous fasse.

Enfin pour terminer, le Ministre Courard annonce qu’il va déposer de nouvelles propositions pour renforcer le rôle des deux pôles essentiels de la vie communale : le citoyen et l’élu. En bref : la démocratie participative. J’attend et j’apprend que ce concept est le fer de lance de (sans doute) la future présidente française, Ségolène Royal. C’est pourquoi, le groupe Gauche (ex A.D.P, Alliance Démocratie Participative) envisage de l’inviter ici, à Anderlues, pour promouvoir ce concept .

Qui sait ? peut-être que cela servira de catalyseur ? On peut toujours rêver….

Pour le groupe " GAUCHE " :Freddy Dewille, conseiller Communal à Anderlues.

 

03/12/2006

VW Motion de ADP, adoptée à l'unanimité au conseil communal d'Anderlues.

MOTION DU CONSEIL COMMUNAL D’ANDERLUES.

Le conseil communal d’Anderlues, en séance du mardi 28 novembre 2006, tient à marquer sa solidarité morale avec les travailleurs directement et indirectement liés au drame social de l’usine VW de Forest. Le sens de notre démarche est de dénoncer une fois de plus un système d’économie de marché ultra-libéral, qui jette aux côtés de +/- 500.000 autres demandeurs d’emplois, plusieurs milliers de travailleurs qui avaient pourtant montré leur volonté de maintenir l’outil, au prix d’une flexibilité et d’une cadence de travail infernales.

17/11/2006

Anderlues, Julie et Mélissa, 10 ans après...

ANDERLUES,

Maison communale, place Albert 1er

 

lundi 27 novembre 2006 19h30

 

Dix ans après…!

Julie et Mélissa

 

Projection du film :

 

«De l’Emotion à la Citoyenneté »

 

Suivi d’un débat avec entre autre:

 

Vincent Decroly,Guy Poncelet..

Avocat                     Procureur du Roi honoraire

 

Animateur Freddy Dewille

 

Entrée gratuite

 

Edit resp : ASBL Observatoire Citoyen, 21d rue d’Ansuelle, 6150 Anderlues. 0476332373

www . observatoirecitoyen.be,  info@ observatoirecitoyen.be

 

 

27/10/2006

Droit de réponse envoyé mais sans succès à la DH

En réaction aux propos calomnieux de Mr Tison, je tiend à préciser que,

1) j'étais depuis plus d'une demi heure dans la salle, lorsqu'une  partie du PS  a dégnié s'installer.
2) j'avais ajouté deux points à l'ordre du jour, mais assez déreangeant, je le reconnais, tant pour le PS que pour le MR.
3)S'il y a quelque chose de médiocre et ridicule, c'est que malgrès qu'il y a presque 4 mois qu'il n'y a plus eu de conseil communal, il n'arrive toujours pas, MR compris, à réunir une majorité; on peut dès lors s'inquiéter pour les mois à venir;
5) qu'il n'est plus question de jouer, pour moi,  la rustine pour une chambre à air violette poreuse.
6) Contrairement à ce qu'il essaye de faire croire , je consomme des boissons  non alcoolisée et je la paye, moi;  Je ne vide pas les bouteilles de bière du  frigo situé  dans le bureau du bourgmestre, payées par les contribuables.
Freddy Dewille
Conseiller Communal ADP

25/10/2006

point supplémentaire pour le Conseil communal du 30 octobre 2006

Anderlues, 24 octobre 2006-10-24

 

 

En vertu de l'article 97 de la loi communale, le groupe ADP présente les points supplémentaires suivants à l'ordre du jour de la séance du Conseil qui aura lieu le 30 octobre 2006 à 19 heures, à la Maison communale.

 

1)Quel est la quantité et le  coût total  de la distribution de gravier pour la période  du 1er juillet 2005 au 06 octobre 2005, et   pour la même  période   2006?

 

 

Je souhaite recevoir par courrier la liste de toutes les adresses et quantités délivrées à chacune d'elles.

 

2)Lors du conseil communal du 22 juin 2006, j'avais ajouté un point supplémentaire concernant le site pollué de l'ancienne cokerie . Une inspection des autorités compétentes a eu lieu quelques jours avant les élections communales. Quelle est la position du Collège sur ce dossier, ainsi que par rapport aux déclarations d'un des propriétaires du site qui vient d'être élu Conseiller communal MR, et donc membre de votre future majorité? article en annexe par fax).

 

3) Quid  des 4,5% d'augmentation pour la démolition de l'ancienne église  et dont le collège a accepté  en période de congé scolaire, sans passer ce point au conseil communal?

 

4) Quid  sur la validité des élections communales 2006?

 

5) Proposition pour un audit externe  sur le fonctionnement et la gestion de notre commune: Décision

 

 

 

                                                                                         Freddy Dewille

                                                                                          Conseiller Communal ADP

 

 

22/08/2006

De l’éthique en politique, s.v.p, c’est élémentaire….

De l’éthique en politique, s.v.p, c’est élémentaire….

 

Dans cette période politique trouble de part l’attitude déplorable de quelques élus, certaines personnes se souviendront peut-être d’un geste  symbolique au conseil communal d’Anderlues de mars 2001. Loin de moi l’idée, à cette époque, de mettre en avant ( par cette action)  le coté éthique en politique, quoique… , mais aujourd’hui, plus que jamais, force est de constater que c’est bien cela qu’il faut (ré)exiger des futur(e)s candidat(e)s.

 

Le 27 mars 2001 donc, au moment de prêter serment, j’enlèverai ma veste pour montrer le

 t-shirt avec le portrait d’un révolutionnaire bien connu, Ernesto Guevara, dit « le Che ».

 

Pourquoi près de 40 ans après son assassinat, l’image, l’icône du Che se retrouve dans des manifestations syndicales,  politiques ou  mouvements de jeunesses,  sur toute la planète ?

 

Son rayonnement actuel  tient principalement du fait qu’il est l’une des rares figures révolutionnaires demeurées intactes et donc aussi très près des  jeunes depuis mai 68.  Outre , sa conception de rebelle (dans le sens noble du terme) face à l’injustice sociale, (conséquence de l’arrogance libérale, l’extrême richesse de quelques uns côtoyant l’extrême pauvreté du plus grand nombre), se sont  ses conceptions morales du militantisme et aussi de  son éthique :

 

« …les dirigeants doivent donner l’exemple, ils doivent travailler d’avantage, n’avoir strictement aucun privilège par rapport aux ouvrier….,…. aussitôt qu’il y avait le moindre privilège matériel dans sa maison, il avait des colères noirs. Par exemple, pendant toute une période, on livrait des repas spéciaux aux dirigeants à Cuba, parce que la situation alimentaire était très difficile ;  il les renvoyait, il les refusait, il allait manger à la cantine du ministère de l’industrie avec les autres salariés… »(1)

 

Que dire  justement de plusieurs candidat(e)s qui n’hésitent pas à vouloir donner des leçons de morale, alors que, en y regardant de plus près, que constate t’on sur  le minimum que l’on doit exiger d’eux, c’est à dire 1) leur présence au conseil communal, 2) leur arrivée tardive, 3) leur départ avant la fin du conseil communal  (bref  l’indice de mépris qu’ils ou elles ont envers la population, et avec surtout ici  le culot de se représenter  avec en  plus, le slogan passe partout « d’honnêteté »… ? Et bien là, vous n’en croirez pas vos yeux, et pourtant , c’est  noir sur blanc sur les procès verbaux des conseils communaux depuis le début 2001 ( Sans doute auront-ils de bonnes excuses, après tout, elles sont faites pour s’en servir, et jurer de ne plus recommencer et patati et patata…)

 

Palme d’Or pour les absences: Canon José PS, Basso. PS : 18 X

                                     ensuite : Hublet PS: 11 X

                                                 : Feron MR: 8 X, Edmon MR: 6 X

                                                   : Guyaux PS,  Burgeon PS :  4 X

Palme d’Or pour les retards : Canon José PS : 14 X

                                ensuite  : Guyaux PS : 10 X

Palme d’Or pour les départs avant la fin : Canon José PS , Dewilde  Roger PS : 14 X

                                                    ensuite  : Guyaux PS, Edmond MR: 10 X

                                                                  : Feron MR: 5   X

 

Extrait de : « Ernest Mandel, une vie pour la révolution » un documentaire de Chris Den Hond, 2005, disponible au 21d rue d’Ansuelle, Anderlues / 0476332373.

17/08/2006

Coup de coeur

                                    COUP DE CŒUR

 

 

Notre groupe se présentera évidemment au prochaine élections dans l’intérêt de tous et toutes et  pas dans celui d’un parti quelconque. De plus,

nous continuerons à nous débrouiller financièrement avec nos maigres moyens,  diverses activités et jetons de présence de notre élu au conseil communal, devrait suffire.

 

Néanmoins, si vous souhaitez venir en aide à une ASBL d’Anderlues qui se bat depuis plusieurs années pour la défenses des plus faibles de notre société :  «  les enfants », on vous propose d’adhérer à « L’Observatoire Citoyen ».

 

En effet, nés de l’énorme  mouvement populaire conséquent des événements tragiques de 1996  dans la région,  et suite aux derniers drames  de petites filles de Liège et d’un petit garçon de Verviers, il reste encore beaucoup à faire pour cette association citoyenne. Notamment  maintenir la pression sur les décideurs afin d’obtenir plus de droit pour les victimes.

 

C’est pourquoi, les 20, 21, 22 octobre 2006, l’« Observatoire Citoyen » et les Comités Blancs organisent, via la commémoration des 10 ans de « La Marche Blanche »   plusieurs activités citoyennes avec d’autres associations venant de France, d’Italie, de Suisse, etc, etc. Tous cela à un coup, et cette associations ne reçois aucun subside. Verser 15 €  de « cotisation »  au compte de cette ASBL et ainsi devenir membre, l’aide  considérablement. N° de compte 000-3143724-51.

 

                  Pour plus d’infos : « http :// www.observatoirecitoyen.be

 

 

01/05/2006

Che Guevara" Soyons réaliste, réclamons l'impossible" 1er Mai 2006

UNE AUTRE POLITIQUE EST POSSIBLE, UNE AUTRE GAUCHE EST NÉCESSAIRE !

- Le soi-disant « pacte des générations », qui liquide les prépensions et ouvre la voie à l'allongement des carrières vient d’être imposé malgré la résistance du monde du travail, et déjà un nouveau « pacte de compétitivité» est sur la table pour diminuer encore nos salaires.

 

- Les services publics (poste, transports, santé,..) sont réduits et deviennent plus chers à cause des privatisations.

 

- Tout récemment, le projet de «Traité constitutionnel européen », dont l’orientation ultralibérale est une menace contre l’ensemble des droits du travail, a été ratifié en Belgique sans débat et sans consultation populaire…

 

Libéralisations forcenées, délocalisations, restructurations et suppressions d’emplois massives, limitation des salaires, démantèlement des systèmes de protection sociale, dérives racistes et sécuritaires, toutes ces politiques néolibérales menées depuis trente ans produisent leurs effets dévastateurs : la pauvreté et la précarité pour beaucoup, l’opulence sans limites pour d'autres qui accaparent les richesses que nous produisons collectivement.

 

Le productivisme capitaliste, insatiable, va jusqu’ à provoquer un changement climatique aux conséquences incalculables pour tous et toutes.

 

Aucun des partis présents au Parlement ne s’oppose à ces politiques néolibérales. Ils ne défendent pas nos intérêts, ils ne nous représentent plus. Aucun d’entre eux n’apporte de solutions aux problèmes quotidiens des gens comme le chômage, le logement, l’emploi, le coût de la vie, etc...

 

Ils ont ainsi ouvert un boulevard à l’extrême droite…

A l'occasion de ce 1 Mai, où nous saluons et soutenons le combat des sans-papiers, nous appelons les travailleurs, syndicalistes, militant/es individus et forces progressistes à s'unir pour construire UNE AUTRE GAUCHE :

 

- qui lutte pour un emploi et un revenu décents pour chacun et chacune, et pour une réduction du temps de travail, sans pertes de revenu, avec des embauches compensatoires ;

- qui prône une meilleure répartition des richesses, une fiscalité redistributrice, un financement adéquat des services publics, dont l’enseignement, une augmentation des salaires ;

- qui poursuive activement, sur tous les fronts, le combat pour l’égalité des droits des femmes ;

- qui se dresse contre le racisme, exige le droit de vote et d’éligibilité pour tous et toutes, et défende résolument les sans-papiers ;

- qui défende efficacement nos droits et libertés démocratiques, et s’oppose à toute tentative de criminalisation des mouvements sociaux et au délire sécuritaire ;

- qui œuvre pour l’émergence d’une Europe démocratique sociale et solidaire, dans un monde vivable, en s’opposant fermement à l’exploitation et à la guerre ;

- qui comprenne que la lutte sociale et la lutte pour la sauvegarde de l’environnement sont les deux facettes d’un même combat.

Qui sommes-nous ?

 

Des citoyen(ne)s mécontent(e)s, des francophones et des néerlandophones, des syndicalistes FGTB et CSC, des  militant(e)s politiques, des travailleur(euse)s, des jeunes… convaincus qu’une nouvelle force politique de gauche est à réinventer.   


 

Ce tract est diffusé simultanément à Alost, Anvers, Arlon, Bruxelles, Bruges, Charleroi, Courtrai, Dendermonde, Eupen, Gand, Geel, Genk, Grammont, Harelbeke, Hasselt, Herentals, Huy, La Louvière, Liège, Louvain, Malines, Mol, Mons, Namur, Ninove, Ostende, Saint-Nicolas, Saint-Trond, Tournai, Verviers et Wavre.

 

 

Je souhaite entrer en contact avec l’initiative  « Une autre gauche est nécessaire ».

Nom/prénom:………………………………………mail:…......………………………………………….téléphone ::……………………………....

rue :……………………………………………………….N°….……Code  postal……………..Localité……..................................................

 

 

A renvoyer par mail à      uneautregauche@listes.agora.eu.org    ou par poste à un des adresses suivantes:. 

Editeurs Responsables : Jef Sleeckx (Flandre), Vinkenstraat, 7 – 2400 Mol / Nadine Rosa-Rosso (Bruxelles), rue Van Artevelde, 161/19 - 1000 Bruxelles /

 Alain Van Praet (Wallonie), 63 rue de la Chaussée - 7040 Goegnies-Chaussée

 

 

UNE AUTRE POLITIQUE EST POSSIBLE, UNE AUTRE GAUCHE EST NÉCESSAIRE !

20/04/2006

Carine Russo, son investissement en politique n'est pas le fruit du hassard

Un beau combat…

 

Ligne ouverte à Carine Russo (Le Matin du 7 juin 1999)

 

L’extrême droite est à nos portes ! Au secours ! A l’aide ! La vague noire arrive ! Il faut lutter !

Il faut crier

Il faut la contrer ,la battre, la dénoncer, lui faire barrage, la refuser, là saboter,,l’interdire, la condamner, la démonter, la déshabiller, l’abattre, la détruire, la miner, la démolir, la saper, la rejeter ,la contester, la contredire , la renverser , l’accuser , la désigner , la dévoiler , la démasquer , la contrecarrer ,  s’y opposer ,l’évacuer , la stigmatiser , la réprouver , la refouler , s’en débarrasser , l’endiguer , l’évincer , la bannir ,ne pas  laisser passer.

 

D’accord ! D’accord ! On est tous d’accord : il faut réagir !

Mais au fait pourquoi maintenant, pourquoi tout  à coup ? L’extrême droite ne serait donc vraiment dangereuse qu’en période électorale ?  Et si on se calmait  un peu, juste une minute pour réfléchir, prendre un peu de recul quoi………Respirer. Inspirer. Expirer. Souffler. Lentement……Calmement….

 

Bon ! Où en est ? Ah oui : l’extrême droite est à nos portes. Avec tous ses slogans clinquants annonciateurs  du pire. Voilà les faits. Tout est  à craindre pour les élections qui viennent.

Car  l’extrême droite fait feu de tout bois. Elle se nourrit  de toutes les frustrations , toutes les déceptions , tous les découragements ,toutes les colères interdites , toutes  les lâchetés , toutes les renonciations , tous les sentiments de vengeance ou  de haine , mais aussi toutes les misères , tous les désespoirs ,toutes les rages et toutes les impuissances. Bref   on ne vote extrême droite que si l’on n’est pas heureux .Ou extrêmement mal informé.

 

Serions nous si nombreux à être malheureux où sous-informés pour que le spectre d’une extrême droite montante ait pris des proportions si inquiétantes ? Sans doute. Mais est t’on malheureux sans raison, mal informé par ce qu’on le veut bien ? Parfois oui, mais le plus souvent non.

 

De toute façon, le fascisme n’est pas né d’hier ! Il ne nous quitte jamais vraiment. Il attend toujours son moment tapi dans l’ombre, pour revenir un jour ou l’autre. Alors la vigilance est de mise à tout instant, de tout temps et sous toute latitude me semble-t-il. Et ce qui est vraiment difficile pour le combattre, ce n’est de coller des affiches ou d’écrire tout le mal qu’on en pense. Ce qui est vraiment difficile , c’est de ne jamais lui laisser la moindre place dans notre vie, le moindre moment propice pour revenir nous narguer .Ce qui est vraiment difficile, c’est de lui résister  à tout moment, en lui gardant sa porte d’entrée bien fermée, c’est de le traquer partout où il pointe son nez , c’est aussi de pouvoir très vite le reconnaître là il est prévisible qu’il soit , parfois aussi de le démasquer là où l’on ne s’y attendait pas.

 

Dans ma vie, comme  dans tant d’autre vie, il n’y a pas eu que du bonheur. Loin de là. Le chômage, je connais. Les pertes de revenu, les fins de mois difficiles je connais. Le mépris, la violence et l’insécurité jusqu’à la pire des criminalités je connais. J’en reste même irrémédiablement  marquée. La peur de l’avenir, la colère intérieure, la vengeance, ce sont aussi des sentiments que je connais. Comme tant d’autre, j’ai éprouvé tout çà. Et peut être n’est ce pas terminé. Pourtant le fascisme et ses germes de mort n’ont aucune prise sur moi,  parce que je ne les ai jamais toléré nulle part. Ni chez les autres, ni chez moi. Je ne le supporte tout simplement pas. C’est quasi physique. Comme certains sont allergiques à certaines substances, je suis allergique à ses germes de mort. Je  connais trop bien le prix de la vie pour que me soit ôtée à jamais la moindre inclination à flirter avec la mort.

Or, prendre le fascisme  à la légère, c’est, à mon sens, jouer avec la vie et la mort.

Quand on tient vraiment à la vie, à celle des siens comme à celle des autres, on s’en protège scrupuleusement. Quand on tient à sa propre dignité humaine, on ne la diminue pas soi-même en niant celle des autres. Et quand on a le sentiment que plus rien ne va, surtout quand on en arrive à ce sentiment, alors on redouble d’attention. Car c’est à ce moment précis que l’on devient sa proie fragile et  qu’en une seconde –peut-être juste la seconde  qu’il faut pour noircir une case  dans un isoloir – on peut basculer. On croit contester et on se suicide. On croit donner une leçon et on  prépare stupidement  sa propre fin.

Il n’existe, selon moi, qu’une seule manière d’éviter l’extrême droite, c’est de ne  jamais en  être, de ne jamais la justifier, ne jamais la croire, ne jamais la tolérer, ne jamais lui laisser le moindre bénéfice du doute.

Car comment pourrait-on douter encore ? N’a-t-elle pas suffisamment étalé ses crimes dans l’histoire, n’a –t’elle pas  fait ses preuves de génocidaire invétérée, n’est elle pas la plus évidente récidiviste en matière de crimes ?

Je regrette profondément que ces graves questions ne puissent être posées si tard.

Pourquoi l’avoir  laissée se nourrir de misère et de désespoir humain si longtemps avant de la contrôler ouvertement ?

Le plus simple  moyen pour l’empêcher d’être, n’est ce pas de ne pas la nourrir ?

Aujourd’hui, c’est clair, il reste des rancœurs, des colères et des peurs, d’énormes peurs  qui ne sont pas apaisées.

Bon, ben…..On va en faire quoi maintenant ?  That’s the question. On peut en faire un beau combat collectif de dernière minute  contre l’extrême droite bien sûr. C’est déjà ça, c’est au moins ça. Mais c’est loin d’être suffisant.

A quand un beau  combat collectif pour plus de justice sociale (c'est-à-dire pour plus de justice tout court) mais aussi  pour plus de solidarité, plus de perspectives humaines d’avenir, plus d’espoir quoi ?

 

 

16/04/2006

Une autre gauche est necessaire!

UNE AUTRE GAUCHE EST NECESSAIRE !
Carte blanche
 

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S.O.S.  La “gauche” est en perdition. Trente années de crise du capitalisme et de turbulences (néo-)libérales ont bousculé les conquêtes sociales des travailleurs et plongé dans le désarroi les partis censés les défendre.

Alors qu’ils auraient dû relayer les aspirations du plus grand nombre, ils se sont enfermés dans des participations gouvernementales à répétition avec la droite.

Alors qu’ils auraient dû impulser une politique en rupture avec la pensée unique des dominants, ils ont patiemment mis en pratique le programme initié en son temps par Thatcher et Reagan.

Alors qu’ils auraient dû contribuer à réinventer l’espoir, ils ont laissé la désespérance s’installer ouvrant ainsi un boulevard à l’extrême-droite.

Plusieurs décennies de libéralisation forcenée des marchés, de privatisation des services publics, de restructurations et de suppressions d’emplois massives, de modération salariale, de démantèlement des systèmes de protection sociale, de redistribution fiscale à l’envers, de dérives racistes et sécuritaires, ont produit leurs effets dévastateurs.

Aujourd’hui, les profits explosent tandis que les inégalités s’accroissent.

Aujourd’hui, l’opulence de quelques uns côtoie la précarité de beaucoup.

Aujourd’hui, la concurrence « non faussée » déchaîne le sauve-qui-peut et le chacun pour soi.

Pertes de repères, crise d’identité, décomposition des liens sociaux, égoïsme forcené, mal-être généralisé : l’insécurité sociale, et la déstabilisation psychologique de la collectivité qui en découle, constituent une menace directe pour la démocratie.

La résistance citoyenne et politique doit maintenant s’affirmer. D’urgence. Car les orientations du PS et d’ECOLO, mélange de discrets renoncements et de bruyantes capitulations, nous conduisent toujours plus loin dans des impasses mortifères.

Un rapide regard dans le rétroviseur de l’actualité illustre cette inquiétante réalité.

Sans vouloir revenir sur le mauvais bilan de la « coalition arc-en-ciel » (payé chèrement par la famille des Verts), sans vouloir ironiser sur les promesses mensongères de la présente coalition (les « 200.000 emplois nouveaux »), épinglons deux exemples :

  • La question de la ratification du projet de « traité constitutionnel européen » représentait une opportunité pour organiser un vaste débat concernant la construction européenne. L’occasion était belle d’adopter une position de refus claire et argumentée d’un projet organisé autour d’un principe unique : le marché. Las. Le PS et ECOLO en ont décidé autrement. Ils ont avalisé ce texte pernicieux, tout en s’activant pour éviter une large consultation populaire. En agissant de la sorte, ils ont entériné une vision ultra-libérale de l’économie et de l’avenir de l’Europe, porté un sale coup aux droits sociaux fondamentaux et aux services publics, refusé l’égalité des droits pour ceux et celles qui résident en Europe sans posséder la nationalité d’un Etat membre.
 
  • L’élaboration du (pseudo-) « pacte des générations », véritable plan de régression sociale, dicté par la stratégie de Lisbonne de l’Union Européenne, et soutenu activement par le patronat. Les mesures arrêtées visent notamment à forcer les salariés âgés à travailler plus longtemps et à mettre sous pression les travailleurs licenciés suite à des restructurations, à réduire encore et toujours les cotisations payées par les employeurs (= salaire différé), à repousser à plus tard le refinancement structurel de la Sécu. Et on ne trouve aucune proposition crédible pour résoudre le problème du chômage de masse ! Malgré le succès de la grève et de la manifestation du 28 octobre  2005, malgré le profond mécontentement du monde du travail, libéraux et socialistes, socialistes et libéraux maintiennent le cap et affichent leur souverain mépris vis-à-vis de la population laborieuse.

Cerise sur le gâteau empoisonné de la gestion du mode de production capitaliste  -où devrions-nous dire champignon vénéneux ?-,  la multiplication d’ « affaires » peu glorieuses qui ternissent l’image du politique : des affres des « sociétés de logement » aux péripéties rocambolesques de la saga de la F1 à Francorchamps, rien ne plaide en faveur d’une relance de l’intérêt de nos concitoyens pour la « chose publique ».

Il est grand temps de rompre avec ces pratiques qui nous conduisent dans une voie sans issue, pain bénit pour les partis d’extrême-droite.

Une autre gauche est possible et nécessaire, une gauche antilibérale et anticapitaliste, qui rompt avec les logiques fermées d’appareil, le réformisme sans réformes, la routine co-gestionnaire du social-libéralisme.

Une gauche qui remet au premier plan la lutte pour un emploi et un revenu décent pour chacun et chacune. Une gauche qui milite résolument en faveur d’une réduction du temps de travail, sans pertes de revenu, avec des embauches compensatoires.

Une gauche qui prône une répartition différente des richesses, une augmentation du pouvoir d’achat, une fiscalité redistributrice.

Une gauche qui n’oublie pas le combat pour l’égalité des droits des femmes.

Une gauche qui se dresse contre le racisme et exige le droit de vote et d’éligibilité pour tous et toutes, quelle que soit la couleur de sa peau, quelles que soient ses origines.

Une gauche intransigeante en matière de défense des droits et libertés démocratiques. Une gauche qui refuse les tentatives de criminalisation des mouvements sociaux, et le délire sécuritaire de plus en plus présent.

Une gauche qui œuvre de manière cohérente à l’émergence d’une autre Europe dans un autre monde.

Une gauche qui se préoccupe de la sauvegarde de l’environnement, sans laquelle il ne saurait y avoir, tout simplement, d’avenir pour l’humanité !

Nous invitons tous ceux et toutes celles qui ne veulent pas se résigner au désordre établi actuel, qui refusent de s’incliner devant la prétendue fatalité de la crise, qui excluent d’observer sans réagir la montée de la « peste brune », à se regrouper pour commencer à construire une alternative transformatrice de la société.  

SIGNATAIRES : Raymond BECQ (ancien délégué CSC-CEMNL), Denis CAUDRON (délégué syndical SETCa-SEL), Carol DEBY (docteur en médecine), Ginette DEBY-DUPONT (docteur en sciences), Jean-Claude DEROUBAIX (sociologue, ULB), Freddy DEWILLE (conseiller communal – Anderlues), José FONTAINE (Toudi), Bernard FRANCQ (professeur de sociologie, UCL), Corine GOBIN (politologue, ULB), Beaudouin HECQUET (sociologue), Brigitte JACOBS (déléguée syndicale CSC), Patrice LAMBERT (POS), Gilbert LECLERCQ (Ouvrier retraité), Michel LOISEL (métallurgiste), Pedro MAES, Franz MAGGIO (militant FGTB), Tinny MAST,  Doriano MENEGATTI (chargé d’affaires), Françoise MICHEL (CGSP-enseignement), Jean-Marie MOREAU (Comité de soutien des demandeurs d’asile - Morlanwelz), Ataulfo RIERA (POS), Nadine ROSA-ROSSO, Carine RUSSO, Jef SLEECKX (ancien député SP), Véronique SOBLET, Patrick VAN DER HEYDEN (POS), Alain VAN PRAET (délégué syndical CSC), Lorne WALTERS (chercheur indépendant), Michel WUILLOT

Pour tout contact : uneautregauche@skynet.be (Tél. : 0476 / 47.11.79)